Home // Blog // Odyssée d’Héra – Histoire – Chapitre 7

L’Odyssée, c’est avant tout l’histoire d’un voyage à travers le monde ! Découvrez le septième et ultime chapitre de cette édition spéciale Héra !

Pour rappel, durant cette Odyssée, Héra voyage à travers les différents panthéons afin d’unir un maximum de dieux pour faire face à une nouvelle menace ! Toute cette histoire se déroule après les ravages du Ragnarök causées lors de l’événement « Insurrection Divine ».


CHAPITRE 7

Du haut de la falaise, Héra et ses divins compagnons observaient l’océan tumultueux qui bouillonnait à leurs pieds. Soudain, un rayon de lumière distant apparut depuis la surface jusqu’aux cieux. Héra fixa cette lance brillante qui perçait le firmament. Râ considérait son bâton. Toute la clarté de l’Œil en avait été drainée.

« Voilà où nous devons nous rendre », déclara-t-il. « Là où l’Œil nous mène. »

Thor, quant à lui, ne regarda pas en arrière. Son attention était focalisée sur les vagues. Le niveau de l’eau montait. Or ce n’était pas l’océan lui-même qui s’élevait, mais quelque chose issu des profondeurs.

Ses proportions étaient telles que les divinités ne parvinrent pas tout de suite à les appréhender. Qualifier cet être d’immense relevait de l’euphémisme. Une étendue gris-vert émergea, striée de plaques osseuses rigides, chacune rivalisant en taille avec les îles qui bordaient la côte. Malgré leur envergure impressionnante, Thor reconnut leur véritable nature.

Il s’agissait d’écailles.

« Il faut partir », ordonna Héra, dont le regard allait du pilier de lumière à l’horreur qui se déployait à leurs pieds.

« Hâtez-vous », encouragea Thor.

« Que veux-tu dire ? » réagit Héra. « Non, nous restons ensemble. Tu nous accompagnes. »

« Je ne bougerai pas d’un pouce », répliqua Thor. Il se tourna vers la côte et fit craquer sa nuque. Les flots rugissaient toujours. « Nous évoquions la destinée, ma Reine. Or voilà bien de quoi il s’agit. La tienne se trouve dans cette lumière. La mienne est ici, elle vient à ma rencontre. »

Héra ébaucha un mouvement pour se rapprocher du dieu du tonnerre et lui faire entendre raison, mais renonça.

« Partez », reprit-il calmement, Mjöllnir en main. La montagne de chair et d’écailles n’en finissait pas de sortir de l’eau. Une couronne de cornes courbes perça soudain la surface. « Quoi que cela puisse être, je l’affronterai. »

Thor lança un nouveau coup d’œil à Héra. « Fuyez ! »

Ils ne perdirent pas plus de temps. Héra s’élança vers la colonne lumineuse, suivie par Râ et Argos. Thor s’accorda un instant pour les regarder s’en aller. Soudain, la lumière du soleil cessa d’exister.

Ce fut en tout cas ce que ressentit Thor, qui était désormais recouvert par une ombre incommensurable. Un visage gargantuesque, vaguement reptilien mais foncièrement indéfinissable, surplombait le dieu du tonnerre. Il était surmonté d’une arête osseuse, et de cornes tordues et pointues. En son centre, deux grands yeux flamboyaient. Ils étaient chacun fendus d’une pupille noire comme le vide interstellaire.

Thor s’adressa à la créature : « Je vais devoir construire un sacré bâtiment pour exposer ton trophée. Peut-être me servirai-je de ton crâne. »

Les lèvres écailleuses de la créature s’ouvrirent, dévoilant des rangées de crocs plus grands que Thor. Quand des mots en sortirent, le dieu nordique les ressentit vibrer dans tout son être, et chaque expiration déferlait sur lui comme un ouragan ardent.

« Le temps. » Sa voix, profondément surnaturelle, évoquait le grondement d’une avalanche.  » Il s’écoule sans que rien ne change. Une fois encore, je domine la création, et elle est infestée d’insectes. »

« D’insectes ? » répondit Thor d’un ton moqueur. « Devant toi se dresse Thor, le dieu du tonnerre ! J’ai terrassé des divinités et créatures de toutes sortes. J’ai affronté et triomphé du chaos, des ténèbres, et même du Ragnarök, la fin des temps. La victoire est mon destin. À présent, donne-moi ton nom, créature. J’aime savoir qui tombe sous les coups de Mjöllnir. »

Avec une lenteur à glacer les sangs, le monstre inclina la tête et étudia Thor dans les moindres détails.

« Ô futiles êtres armés de rêves et de destinée. Vous avez manipulé des puissances qui vous dépassent. Incapables de les contrôler, vous les avez enfouies, avant de vous déclarer victorieux. Or me voici, réveillé par votre stupidité. Et je vous livre cette simple vérité : vous n’avez pas triomphé du Ragnarök. Je suis Jörmungandr, le Serpent-monde ; la fin des temps. « Le Ragnarök, c’est moi. »

Héra n’avait pas cessé sa course lorsque l’ombre était tombée sur l’île. Elle n’eut pas un regard pour le monstre, même lorsqu’elle l’entendit parler aussi distinctement que s’il était à côté d’elle.

Le Serpent-monde. Les mots résonnaient dans son esprit. Jörmungandr. Ce nom ne lui évoquait rien, malgré toutes les connaissances accumulées en Olympe. Il semblait impossible qu’un tel être eût fait partie de la création depuis la nuit des temps. Avait-il réellement été réveillé par les dieux, lorsqu’ils avaient scellé le Ragnarök au centre de la Terre ? Étaient-ils responsables de cette calamité ?

Héra força l’allure. Elle filait au travers de la brume qui nimbait les collines, droit vers la lumière et le salut. Si les dieux avaient véritablement libéré ce mal, alors il leur incombait de le conjurer.

« Qu’est-ce qui nous attend dans la lumière, Râ ? »

L’Égyptien, qui tenait l’allure de Héra quelques enjambées au-devant d’Argos, secoua la tête. « Je l’ignore, ma reine. Mais s’il s’agit d’une arme à même de détruire cette monstruosité, sa puissance doit être inimaginable. »

Le trio s’éloignait de la côte. Bientôt, les collines laissèrent place à une forêt luxuriante. Les dieux fusaient entre les arbres. Ils s’orientaient en distinguant la lumière à travers la canopée. Le périple avait exténué Héra. Elle était au bord de l’évanouissement, mais elle redoubla d’effort. Elle ne savait combien de temps Thor résisterait à la bête, aussi lui fallait-il profiter de chaque instant de répit qu’il lui offrait.

« Ton discours est fini ? » Thor faisait tournoyer Mjöllnir. Il décrivait un cercle d’éclairs et d’acier. « Alors le temps est venu de voir combien de temps tu vas tenir. Je vais te renvoyer au fond du gouffre. »

Un long grondement pensif retentit depuis la gorge de Jörmungandr. « Soit. Tâche de me divertir, microbe électrique. »

Mjöllnir, entouré d’éclairs, vrombissait entre les doigts de Thor. Sa rotation formait un anneau d’acier étincelant que le dieu semblait à peine contrôler. Mâchoires serrées, Thor accentua encore le tournoiement du marteau, puis bondit en lâchant un cri de guerre.

Il sentait son cœur s’embraser et remplir ses veines d’une furie purgatrice. Il faisait enfin face à son destin. Les murmures que son père avait entendus en songe, et qui n’avaient cessé de hanter Thor depuis sa naissance, allaient enfin trouver leur sens. Il avait passé sa vie à chercher ce défi qui allait le définir, cet ultime combat qui immortaliserait sa légende.

Jörmungandr observait Thor foncer vers lui, impassible à l’exception du souffle brûlant qui s’échappait de ses narines en véritables geysers. Ses yeux ne clignèrent pas lorsque Thor atteignit son zénith puis s’abattit sur lui, marteau brandi.

Thor atterrit sur la bête tel un météore. Le choc fit trembler les cieux d’un tonnerre assourdissant. Il allait se retrouver dans un nuage de sang bouilli, d’écailles brisées et de chair carbonisée. Il avait insufflé à son coup une puissance à même de fendre des montagnes ; il le savait d’expérience. La réalité fut tout autre.

Le Serpent-monde marqua un imperceptible mouvement de recul en encaissant le coup. Thor, lui, fut projeté dans la direction opposée, comme une pierre aurait ricoché à la surface du monstre. Le dieu du tonnerre se rétablit dans les airs, et revint à la charge. Plutôt que de canaliser ses forces dans un unique coup dévastateur, il répandit sur la tête démesurée une pluie de coups plus rapides que l’éclair.

Il attaquait Jörmungandr sans répit. Les arcs de cercle décrits par son marteau laissaient des éclairs résiduels autour du crâne de la bête. Pourtant, chaque coup de Mjöllnir ne faisait que rebondir contre les plaques d’écailles. Thor avait beau s’escrimer, le monstre restait imperturbable.

Thor se posa au sommet de son crâne et s’attaqua à l’enchevêtrement de cornes pointues qui s’y trouvait. Les impacts faisaient vibrer ses muscles et les emplissaient d’une fatigue acide. Il ruisselait de sueur. Il refoulait toutefois l’épuisement hors de son esprit. Il entendait répondre à l’appel du destin.

En rugissant, il brandit Mjöllnir vers le ciel. De sombres nuages s’amassèrent au-dessus de sa tête en un tourbillon dense et parcouru de chaînes d’éclairs. Thor bondit et capta les éclairs, avant de se laisser retomber sur la bête.

Cette fois, le coup propulsa la tête de Jörmungandr sous la surface. L’impact fit jaillir des quantités astronomiques d’eau aussi puissamment que des geysers. Instantanément évaporée, elle retomba sur l’île ou réintégra l’océan sous forme de brume.

Thor se propulsa hors de l’eau en volant, suivi par une traînée de vapeur qui lui donnait l’air d’une comète. Il atterrit sur la falaise. La fatigue soulevait ses épaules de manière saccadée. Mjöllnir lui glissa des doigts et resta suspendu à la lanière de cuir qui le rattachait au poignet de Thor. Il avait rassemblé la quasi-totalité de la puissance qu’il lui restait dans cette frappe. Il était vidé, mais le résultat était d’une violence inouïe, capable de fragiliser tout dieu ou monstre. Cependant, Thor le savait, sa destinée n’allait pas se concrétiser aussi facilement.

Telle une montagne mouvant, Jörmungandr émergea des flots. Sur son crâne, plusieurs écailles étaient noircies, carbonisées par l’attaque de Thor. Ses yeux flamboyaient d’un éclat différent ; sa rage avait été réveillée.

« Je suis las de ce jeu », grogna le Serpent-monde. Il rejeta sa tête en arrière et vers les cieux tout en cabrant son corps, véritable tour d’écailles et d’os, avant de foncer vers la falaise avec une puissance inconcevable.

Filant parmi les taillis, Héra continuait sa course à travers la forêt, talonnée par Râ et Argos. La lance de lumière était cruellement proche. La déesse songeait fiévreusement à ce qui pouvait les y attendre… Quelque trésor sacré ou bien une arme antédiluvienne ; quelque chose d’assez puissant pour venir à bout du Serpent-monde. Grâce aux efforts de Thor pour retarder le monstre, Héra pourrait bientôt achever leur quête commune.

L’épaisse forêt commença à se clairsemer. Héra percevait des changements dans la nature alentour. Ils dépassèrent les derniers arbres et se retrouvèrent sur les rives d’un grand lac étincelant. Sa surface semblait faite de verre. Elle restait parfaitement immobile malgré la brutalité du combat entre Thor et Jörmungandr.

Héra avait le souffle court. Ce n’était dû ni à ses efforts, ni à la beauté du lac. Ses yeux étaient rivés sur une île, tout juste assez grande pour accueillir dix individus. En son centre se trouvait un autel. C’était la source de la colonne de lumière.

Les divinités s’avancèrent dans sa direction. Le lac était peu profond ; l’eau leur arrivait à la poitrine. Ils se hâtèrent vers leur destination finale. Héra peinait à y croire. Son odyssée tout entière, qui avait commencé aux portes de l’Olympe et l’avait menée à Asgard, dans son arène et ailleurs, était sur le point d’aboutir.

L’émotion décuplait les forces de Héra et de Râ, et peut-être même d’Argos qui pataugeait dans leur sillage. Ils parvinrent jusqu’à l’île. L’autel et la conclusion de leur périple occupaient toutes leurs pensées. Râ fit halte peu avant afin de permettre à Héra de s’en approcher seule. Ce qu’elle fit, enfin, en arborant un sourire rayonnant.

L’autel était rudimentaire, formé de blocs de pierre et dépourvu d’ornement, à l’exception d’un glyphe gravé à sa base. Héra constata qu’il représentait un dragon. Sa queue était enroulée et ses ailes étendues, comme en plein vol. Il semblait ne pas s’agir du Serpent-monde, toutefois Héra percevait que les deux êtres étaient unis par un lien indélébile. Elle s’intéressa au sommet de l’autel, y cherchant une arme, un grimoire, ou n’importe quoi susceptible d’être utilisé contre Jörmungandr. Ce fut alors que son sourire s’estompa.

« Qu’y a-t-il ? » Râ la dévisagea. « Qu’avons-nous trouvé ? »

« Rien », murmura Héra, incrédule. « Il n’y a rien du tout. »

Jörmungandr s’abattit sur la falaise dans un choc assourdissant. Le pan antérieur s’en détacha et disparut dans l’océan, dans un nuage de poussière et de pierre pulvérisée.

Thor émergea de ce tourbillon de débris en volant. Il était enveloppé d’éclairs. Il atterrit de nouveau sur la tête de Jörmungandr. Gardant l’équilibre avec difficulté, il fusait sur le crâne de la bête. Il fit halte au niveau d’un de ses épouvantables yeux et, avec un hurlement enragé, il y écrasa Mjöllnir.

Le Serpent-monde laissa échapper un rugissement de douleur. Il secoua la tête dans tous les sens en projetant Thor dans les airs. Ce dernier se rétablit et, d’un mouvement de Mjöllnir, fonça de plus belle au milieu du nuage de débris qui recouvrait toujours la zone. Derrière le voile, Jörmungandr, qui avait fermé son œil meurtri, cherchait Thor du regard, déterminé à exprimer son courroux.

Thor émergea de la poussière en trombe, accabla le monstre d’une pluie de coups de marteau, puis disparut de nouveau dans le nuage. Méthodiquement, il reproduisit des assauts similaires, toujours depuis un angle différent, ravageant des écailles, des os et des cornes quelques instants avant de s’évanouir en un clin d’œil.

Il donnait tout, et plus encore. Mu par une furie qui lui était jusqu’alors inconnue, il résistait obstinément à l’épuisement. Il tenait tête à la bête ; il l’avait blessée. Or ce qui pouvait être blessé pouvait mourir.

Le dieu du tonnerre rassembla ses dernières forces, son attention fixée sur l’œil valide de Jörmungandr. Une fois aveuglé, le Serpent-monde finirait par être vaincu, en dépit de son envergure. Il suffisait à Thor de tout donner dans une ultime attaque.

Puisant dans les nuées amassées au-dessus de sa tête, Thor attira à lui tous les éclairs de la tempête. Il était strié d’une multitude de chaînes lumineuses aveuglantes. Une fois de plus, il fusa hors du voile de débris en rugissant, Mjöllnir brandi bien haut, déterminé à détruire le Ragnarök définitivement.

Mais Jörmungandr, avec une fulgurance inconcevable pour un être de sa taille, se jeta sur Thor et s’enroula autour de lui. Il rouvrit son œil, qui s’avérait parfaitement indemne.

Rusé, songea Thor avant d’être frappé par le Serpent-monde.

« Comment est-ce possible ? » Râ se précipita aux côtés de Héra. Il balaya l’autel de son bâton, qui pénétra dans la colonne de lumière. Héra tendit la main à son tour. Au moment où elle toucha la lumière, celle-ci s’estompa.

Le silence tomba sur le lac figé. Poings joints, Argos se balançait d’avant en arrière. Râ s’éloigna de l’autel et s’appuya sur son sceptre. « Il faut partir. »

Héra se tourna vers lui. « Où? Où irions-nous donc ? »

« Il n’y a plus rien. » Râ désignait l’autel vide. « Cela n’a peut-être pas toujours été le cas, mais c’est désormais manifeste. En fuyant promptement, nous pourrons distancer le serpent, rallier les panthéons à nous et… »

« Hors de question », l’interrompit Héra en secouant la tête. « Nul endroit ne lui sera inaccessible. » Elle se retourna vers l’autel. Après tant de chemin parcouru, elle refusait de faire marche arrière. Malgré les apparences, l’autel cachait certainement un secret.

« Héra, je t’en prie. » Râ se rapprocha.

« Il ne peut en être ainsi. » Héra luttait pour que la panique et le désespoir ne percent pas dans sa voix. « La lumière de ton Œil nous a guidés jusqu’ici. Il doit y avoir quelque chose à faire. Il le faut. »

Alors, elle comprit.

Elle observait l’endroit d’où la colonne de lumière avait jailli. L’air y semblait différent. La réalité même semblait plus mince, comme au travers d’un voile. Un voile menant ailleurs.

« Il ne s’agit pas d’un simple autel. »

Râ la dévisagea. « Que veux-tu dire ? »

Elle lui rendit son regard, les yeux pleins d’espoir. « C’est une porte. »

Jörmungandr émit un rugissement si assourdissant que Thor en fut étourdi. Depuis sa gueule jaillit un liquide épais. Visqueux comme de la poix, il était également corrosif. La peau de Thor brûlait, rongée par la substance qui le recouvrait intégralement. Il hurlait de rage et de douleur. Le venin obscurcissait sa vision et le déséquilibrait. Il s’effondra.

La gravité reprit ses droits sur le dieu du tonnerre, qui s’écrasa au sol. La violence du choc chassa l’air de ses poumons. Laborieusement, il se mit à genoux, avant de s’effondrer. Mâchoires serrées, luttant contre la douleur, il tendit la main vers Mjöllnir, mais le légendaire marteau était hors de portée.

Thor fut submergé par un souffle ardent et pestilentiel. Il parvint à incliner la tête vers le Serpent-monde.

« Il aurait mieux valu pour toi me laisser dormir », vibra Jörmungandr. « Tu as signé ta propre destruction. Je t’en suis reconnaissant. »

« Vas-y, alors », parvint à cracher Thor. « Finissons-en, monstre. »

Un nouveau grognement sortit de la bouche du monstre. « Jadis peut-être, je t’aurais pulvérisé. Toutefois, je ne suis pas dépourvu de bonté. »

Jörmungandr se redressa de tout son long et reporta son attention au loin, vers l’île où la lumière venait de s’estomper.

« Je vais te laisser souffrir, petit dieu », continua le serpent tout en se dirigeant vers le lac. – Tu contempleras l’anéantissement du monde que tu as condamné. »

Râ planta son bâton au sol et se laissa tomber à genoux. Il unissait ses dernières onces de pouvoir à celles de Héra. La reine des dieux leva son sceptre au-dessus de l’autel, rassemblant toute sa puissance pour accéder au voile qu’elle avait perçu. Mais il restait insaisissable.

Un souffle surnaturel s’abattit sur le lac. Héra leva les yeux et vit Jörmungandr s’approcher. Son cœur se serra à l’idée du sort qu’avait connu Thor. Elle se jura que son sacrifice ne serait pas vain. Avec la force de Râ couplée à la sienne, elle parvint à maintenir son emprise sur l’espace qui s’était ouvert entre deux mondes.

La science des portails n’avait pas de secret pour elle, pourtant celui-ci lui résistait. Toutes les lois de la nature, tout l’univers semblaient s’y opposer. Elle tentait d’unir deux royaumes qui interagissaient comme des aimants répulsifs. Ce faisant, Héra le sentait : elle était en train de s’éteindre. Tombée à genoux, elle canalisa toute sa puissance, et soudain le monde se déchira.

Un portail s’ouvrit et le temps ralentit, comme piégé dans les glaces. Au travers du passage qui menait ailleurs, seule était perceptible une lumière aveuglante. Héra plissa les yeux ; il lui était douloureux de la regarder.

Deux êtres apparurent de l’autre côté. L’éclat rendait leur visage indistinct. Héra tendit la main vers eux avec difficulté. L’ombre du Serpent-monde les recouvrait désormais intégralement.

« Aidez-nous », implora-t-elle.

Ses doigts effleurèrent le portail. Elle sentit le contact froid de l’acier sur sa peau lorsqu’une main gantelée se saisit de la sienne. Un bras recouvert de maille et de plaque étincelante émergea, suivi du reste de la première silhouette. L’individu posa les yeux sur Héra, Râ et Argos. C’était un souverain radieux et divin. Son plastron était orné du même dragon qui était gravé sur l’autel. Il tenait l’épée la plus somptueuse qu’il avait été donné à Héra de contempler.

Son compagnon franchit la porte à son tour. Il avait l’apparence d’un homme d’âge indéterminé, cependant l’air tremblait et se déformait autour de lui. Héra sentait une énergie magique intense émaner de sa personne. Nul doute qu’un tel être maîtrisait des pouvoirs ancestraux et connaissait des secrets inénarrables.

Le portail s’éteint en tressautant derrière les nouveaux arrivants. Le temps semblait toujours s’écouler au ralenti.

« C’est curieux », commenta le sorcier d’une voix espiègle. « Avalon était différente dans mes rêves. »

« Qui êtes-vous ? » demanda Héra.

« Veuillez excuser mon ami », répondit le roi, dont le sourire chaleureux contrastait avec le chaos environnant. « Merlin manque cruellement de courtoisie. »

« J’ai parcouru le monde entier, » reprit Héra, qui peinait à rester debout. Elle désigna Jörmungandr qui se rapprochait. « À la recherche d’un moyen de détruire ce mal. »

Le roi acquiesça. « Je m’appelle Arthur. Ma très chère dame, votre quête est terminée. »


ARTICLES / RÉCOMPENSES

Voici les articles achetables sortis pour ce septième et dernier chapitre de l’Odyssée d’Héra :

HEL
« Double Hi-Tech »
ZHONG KUI
« Horreur Cousue »

 

IZANAMI
« Traqueuse de l’Ombre »
SERKET
« Chatte Kaboum »

 

 

Trace Mortuaire
« HÉRA CONTRARIÉE »
Effet de Montée de Niveau
« ROYAL »
Costume de Balise
« ARGUS »

Qui dit nouveaux articles dit nouveaux paliers de récompenses ! Voici donc 3 nouvelles récompenses :

110, 115, 125, 130, 140 & 145 Points Odyssée

Coffre Bonus Odyssée d’Héra

135 Points Odyssée

Thème d’Interface – « ROYAL »

 

120 Points Odyssée

HÉRA – « Reine de Bataille »

150 Points Odyssée

ARÉS – « Déicide »


Alors, que pensez-vous de ce septième et dernier chapitre et des nouveaux articles qui sortent ce patch 5.23 ?

Vous pouvez retrouver de plus amples informations sur les Notes du Patch 5.23 et sur l’article réservé à l’Odyssée d’Héra !

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Dernière Mise à Jour du slider : 20/06/2018
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