Home // Blog // Odyssée d’Héra – Histoire – Chapitre 6

L’Odyssée, c’est avant tout l’histoire d’un voyage à travers le monde ! Découvrez le sixième chapitre de cette édition spéciale Héra !

Pour rappel, durant cette Odyssée, Héra voyage à travers les différents panthéons afin d’unir un maximum de dieux pour faire face à une nouvelle menace ! Toute cette histoire se déroule après les ravages du Ragnarök causées lors de l’événement « Insurrection Divine ».


CHAPITRE 6

Héra, Argos et Thor avaient quitté les paysages glacés d’Ásgard. Ils se dirigeaient vers le Sud. Jour après jour, les neiges et les montagnes du domaine de Thor étaient progressivement remplacées par des collines verdoyantes, et un soleil chaleureux brillait au-dessus d’eux.

Leur route les avait menés près de l’Olympe, aussi la tentation était grande. Au loin, Héra apercevait son majestueux sommet. Elle savait qu’elle y retrouverait les murs du palais, promesse de sécurité et de sérénité. Toutefois, elle ne pouvait pas rentrer. Pas encore.

Partout où leur aventure les menait, Héra détectait des signes d’agitation. Les cités et villages qu’ils traversaient se trouvaient à divers degrés de destruction : ici, quelques tours s’étaient effondrées, là, de vastes zones avaient été englouties par un gouffre béant. Des processions de mortels désespérés parcouraient les chemins à la recherche d’un sanctuaire, transportant ce qui subsistait de leur existence ravagée.

Grâce à la connexion innée que Héra entretenait avec la nature, elle percevait la souffrance du monde. Il lui semblait qu’au plus profond du noyau terrestre, un changement opérait. Un être malfaisant et antédiluvien ne s’était pas encore pleinement manifesté. Cela rappelait les propos énigmatiques qu’avait tenus Odin à Ásgard, et Héra ne pouvait s’en détacher.

Elle s’efforça de se concentrer. Il n’était jamais bon de ruminer. Ce qu’il lui fallait, c’était une stratégie et suffisamment de détermination pour la mettre en œuvre. Si les prophéties du Père de tous étaient exactes, alors il existait quelque part un moyen d’empêcher cette nouvelle catastrophe. Héra allait avoir besoin d’alliés et de ressources pour le découvrir. Elle savait où chercher.

« Où allons-nous ? »

Thor avait fini par poser la question fatidique. Force était à Héra de reconnaître qu’il s’était montré plus patient qu’elle ne l’aurait cru. His patience had lasted longer than she had expected.

Ils avaient atteint les terres sises dans l’ombre de l’Olympe. De manière ténue, ils sentaient désormais l’air iodé venu de la grande mer. Au loin, des vagues s’échouaient en douceur sur la plage, et les cieux étaient striés de nuages clairsemés.

« Encore un peu de patience », répondit Héra avec un sourire. « Tu le sauras bien assez tôt. »

Elle-même avait du mal à contenir son empressement. Cela faisait des années qu’elle n’avait pas posé les yeux sur leur destination, et ses pensées s’éternisaient sur ce lieu grandiose qu’elle avait érigé de ses mains.

Depuis la nuit des temps, parmi tous les maux qui s’étaient abattus sur la terre, aucun n’avait été plus vain et destructeur que les conflits divins. Rivalités ancestrales, querelles futiles et autres spirales de vengeance n’avaient apporté que désolation, aux panthéons aussi bien qu’aux mortels. La manifestation la plus représentative de cet état de fait n’était autre que la catastrophe, encore récente, du Ragnarök. Héra restait endeuillée par ces innombrables pertes. Son rêve, s’il avait été prêt à temps, aurait pu les éviter.

Il était conçu comme un territoire neutre. Les divinités pouvaient s’y livrer à des duels et ainsi forger autant de liens impérissables au travers du combat, sans que leur furie n’inflige de dégâts collatéraux aux mortels, comme cela arrivait si souvent. Des doléances pouvaient y être exprimées, débattues et résolues. On pouvait y échanger, partager des secrets, chanter des louanges… Il s’agissait d’un véritable champ de bataille des dieux, pas seulement pour leur lame et leurs poings, mais aussi pour leur esprit.

Cette somptueuse arène, Héra l’avait bâtie en offrande à Zeus. C’était le symbole qui lui aurait prouvé que les guerres et vendettas entre panthéons pouvaient devenir de l’histoire ancienne, que tous les dieux pouvaient cohabiter.

Mais son époux ne verrait jamais son cadeau.

« Alors ? » Thor scruta l’horizon puis se tourna vers Héra. « Nous y sommes ? »

« Pas tout à fait », répondit-elle en dirigeant son sceptre vers les nuages. Au départ, Thor ne distingua rien. Il plissait les yeux en examinant ces nébulosités qui planaient docilement. Lorsqu’une bourrasque les dispersa légèrement, Thor discerna quelque chose au milieu de la formation nuageuse.

« Voilà notre destination », annonça Héra.

« Comment comptes-tu t’y rendre ? » Thor avait lâché Mjöllnir, qui restait suspendu à la lanière de cuir le reliant à son poignet. Il commença à le faire lentement tournoyer. L’acier asgardien émettait un bourdonnement grave et laissait derrière lui une traînée argentée.

« C’est simple », répondit Héra en cherchant quelque chose dans les plis de sa robe. « Je dispose d’un moyen pour nous… »

« Je m’en passerai », l’interrompit Thor en couvrant les vibrations de Mjöllnir. Il décocha un sourire à l’attention de Héra et d’Argos. « Premier arrivé ! »

Sur ces mots, il projeta son bras en avant, propulsant Mjöllnir vers leur destination céleste, et s’envola dans son sillage.

Argos observa le vol du dieu du tonnerre, qui rétrécissait à vue d’œil, puis se tourna vers Héra avec une expression perplexe.

« Il faut toujours qu’il soit théâtral. » Affublée d’un sourire narquois, Héra sortit de sa robe un objet de petite taille. Elle le brandit dans les airs. C’était une pierre recouverte de gravures runiques. Toute sa surface était jonchée de particules magiques. Il en émanait un tintement.

« Un instant, Argos. » Héra referma ses doigts sur la pierre. En un clin d’œil, elle avait disparu.

Argos fit volte-face et se mit en garde, scrutant les environs à la recherche de celui qui avait enlevé sa reine. Mais ses visages, qui s’étaient mis à tourner rapidement, ne décelaient rien d’autre que l’herbe qui se balançait et les oiseaux marins qui piaillaient.

Thor atterrit sur une plateforme de marbre immaculé. Alors qu’il se redressait, des éclairs parcouraient encore Mjöllnir. Il étira son bras raidi et s’accorda un instant pour admirer la magnificence alentour.

Les lieux semblaient avoir été sculptés dans la pierre, pourtant Thor flottait manifestement au milieu des nuages. Autour de lui lévitaient d’immenses blocs de roche en orbite autour de la masse principale. Il semblait que quiconque avait engendré ces lieux avait tout bonnement élevé jusque dans les cieux un pan de montagne paisible et luxuriant.

Thor ne distinguait rien au-delà de la plateforme, mais il percevait la clameur de lames qui s’entrechoquaient ainsi que des éclats de voix.

« Tu en as mis, du temps ! » l’interpela une voix au-dessus de sa tête. Il leva les yeux et découvrit Héra, les bras appuyés sur la rambarde d’un balcon.

« Comment… » Thor, qui s’était retourné dans la direction d’où il venait, ne finit pas sa question.

« Je t’avais dit que j’avais un moyen simple pour venir. » Elle décrit un mouvement avec son sceptre et Argos fusa au travers d’un portail et atterrit à ses côtés. Héra lança à Thor la pierre dont elle s’était servie.

« Des runes de flash », commenta-t-il, en la faisant tourner dans sa main. « J’imagine que c’est un peu plus facile. Mais quel manque de style. »

« Suis-moi », enchaîna Héra. « J’aimerais te montrer mon arène. »

Thor et Héra s’engagèrent dans les tunnels qui s’enfonçaient derrière la cascade et menaient à l’arène. Des œuvres d’art époustouflantes décoraient chaque tournant. D’incroyables mosaïques recouvraient le sol en narrant les récits fondateurs de chaque panthéon. Les murs, quant à eux, resplendissaient de fresques magnifiques représentant les exploits divins les plus glorieux. Au gré de leurs pas, la reine des dieux expliquait en quoi consistait le champ de bataille de ses rêves. Thor en concevait de la curiosité, ainsi qu’une pointe d’admiration.

« Ainsi, je peux y étrangler Loki sans conséquence ? » Thor fit balancer doucement Mjöllnir. « Un tel lieu me semble fort utile. »

« Il ne s’agit pas de violence gratuite », tempéra la déesse. « La vocation de cette arène est de mettre fin à la discorde, pas de l’attiser. C’est un endroit où les divinités conversent face à face, et comprennent que l’union vaut mieux que la division. »

« Que de nobles intentions », commenta Thor tandis qu’ils gravissaient le long escalier donnant sur l’étage supérieur de l’arène. Soudain, les murs tremblèrent sous une succession de coups, et des filets de poussière tombèrent du plafond.

« Il semble pourtant y avoir des divisions de taille », lâcha Thor. Héra, quant à elle, avait accéléré le pas pour découvrir ce qui agitait ainsi l’arène.

Elle ouvrit à la volée les deux battants d’une lourde porte de bronze, qui débouchait sur la loge qu’elle avait destinée à l’usage de Zeus et d’elle-même. De taille modeste, c’était un somptueux salon doté de divans en soie. Pour l’heure, Héra n’en avait cure : elle fusa vers le balcon qui donnait sur l’arène en contrebas.

Ce qu’elle vit alors était loin d’être la vision de ses rêves. La scène qui s’offrait à elle débordait de brutalité. Tel un fléau, des chaînes et divers instruments de fer noir s’étaient répandus dans une moitié de l’arène. La beauté que Héra avait distillée, sous forme de piliers de marbres et de lions sculptés, semblait faire face à son antithèse : des fosses remplies d’un feu noirâtre côtoyaient des piques dentelées. Elle distinguait des silhouettes tourner et s’entrechoquer, libérant tout leur pouvoir colossal et détériorant encore davantage l’édifice jadis splendide.

Le rêve de Héra avait été corrompu. Son arène, placée sous le signe de l’honneur, avait été avilie, réduite à un vulgaire terrain de combat. Son cœur gonflait d’une rage qui infusa bientôt son être tout entier, mais avant qu’elle ne puisse agir, le balcon fut comme frappé par une comète.

D’un même mouvement, Argos se saisit de Héra et se retourna afin de la protéger de l’impact. Un nuage de poussière s’engouffra dans la loge et des éclats de charpente rebondirent contre Argos. Le géant ouvrit les bras pour permettre à Héra d’examiner l’individu hébété qui occupait le cratère formé aux pieds de la déesse.

Héra était certaine d’une chose : c’était un dieu. L’impact aurait suffi à tuer n’importe quelle créature mortelle, sans parler du choc initial qui l’avait projeté. Il émit un grognement et se redressa partiellement en prenant appui sur ses mains et ses genoux. La poussière s’était suffisamment dispersée pour que Héra distingue son armure d’or et de jais, et le bec qui ornait sa tête d’oiseau.

« Râ », lâcha-t-elle froidement.

« Mes excuses », commença le dieu du soleil. Il tendit un bras, et son bâton surmonté d’un œil fusa depuis le sol de l’arène jusqu’à sa main.

« Qu’as-tu fait de ces lieux ? » Le ton de Héra s’était fait réprobateur et, flanquée d’Argos et Thor, elle cernait le dieu égyptien.

« Moi ? » répondit Râ qui se redressait en secouant la tête. « Cette arène a peu changé depuis mon premier passage… à l’exception de la pièce que nous occupons. » Il constatait les dégâts causés par son atterrissage. Il se tourna vers Héra en inclinant légèrement la tête de côté. « De cela, certes, je suis responsable. »

« Si tu n’es pas celui qui a altéré cet endroit », répliqua Thor en soulevant Mjöllnir », « alors qui est-ce ? »

« C’est la Romaine », répondit Râ en se dirigeant vers la balustrade qui surmontait l’arène.

« Suivez-moi », reprit-il en leur faisant signe. « Je lui dois encore quelques côtes brisées. »

Le sable que Héra avait fait transporter pour son arène provenait d’une crique située près de l’Olympe, épargnée par les mortels aussi bien que les divinités depuis des siècles. Ses serviteurs en avaient trié chaque grain, ne conservant que les plus fins et les plus purs. Lorsqu’ils les avaient versés dans l’arène, leur éclat égalait celui de la neige.

Désormais, le sol était une boue infâme, cauchemardesque, digne des Enfers. Noirci par l’effet conjugué de la fumée, du sang et de la terre, il était fissuré et piqueté d’impacts, tel un vulgaire champ de bataille de mortels. Des morceaux de verre sale, témoins de la présence de dieux du feu, craquaient sous les pieds de Héra.

Des paires, parfois des trios de dieux, issus de tous les panthéons, avaient creusé le sol pour s’y faire un territoire. Le tout ressemblait moins à une compétition digne et divine qu’à une révolte populaire. Héra était révulsée par une telle profanation ; le mal qu’elle avait tenté d’expier, elle l’avait engendré en mettant en œuvre ses nobles desseins. Sa fureur se concentra sur la silhouette assise au centre de l’arène, et qui faisait courir une pierre à aiguiser sur le tranchant d’une épée immense.

La Romaine.

« J’espérais qu’il y aurait d’autres survivants », clama cette dernière à leur attention, tout en se débarrassant de son ustensile et en faisant tournoyer sa lame. Elle désigna du menton Héra, Argos et Thor. « T’aurais-je à ce point dépourvue de l’envie de te battre que tu fais appel à autrui pour en découdre ? »

« Bellone… » Héra tâchait de s’exprimer d’une voix maîtrisée mais ses ongles s’étaient plantés dans ses paumes.

« Si tu veux participer, il va falloir attendre ton tour », ajouta Bellone en crachant sur le sable. « J’ai toute une liste, mais tu finiras bien par y passer. »

Héra trancha l’air de son sceptre. Un projectile d’énergie fusa jusqu’aux pieds de Bellone, où il transforma une ligne de sable en verre. « Je t’ordonne de cesser. Sur-le-champ. »

« Vraiment ? » Bellone inclina la tête. Elle orienta la pointe de son épée vers le sol et l’y planta en faisant exploser la structure de verre. « Qui es-tu donc, pour me donner ainsi des ordres ? »

« Je suis Héra, reine des dieux et épouse de Zeus ! »

« Zeus », répéta Bellone en s’avançant vers Héra en contournant son épée.

« À ma connaissance, il n’est plus en mesure de régner sur quoi que ce soit à l’exception des vautours. »

Argos fit lourdement un pas en avant, et s’arrêta sur un signe de Héra. Un roulement sourd s’échappa de sa poitrine. Il serra les poings, et ses doigts de pierre émirent des raclements bruyants.

« Quel adorable serviteur », railla Bellone. « Est-il capable d’autre chose que de grogner ? »

« Écoute-moi plutôt », siffla Héra malgré l’envie de voir Argos pulvériser la déesse guerrière. Son arène avait été infestée, sa vocation galvaudée, mais l’orgueil blessé de la reine allait devoir attendre.

« Le Ragnarök a pris fin et… »

« Et grâce à qui ? » l’interrompit Bellone. « À toi ? Aux grands seigneurs de l’Olympe ? Non, c’est moi qui ai mis un terme au Ragnarök, épaulée par mes alliés. »

Bellone désignait de son pouce retourné un banc en bordure de l’arène. La déesse du feu Pélé les salua d’un signe de tête, avant d’immerger un poing meurtri dans un seau de glace, qui s’évapora à son contact.

« Et pourtant… » continua Bellone qui n’était plus qu’à une enjambée de Héra. « À présent que la bataille est gagnée, tu voudrais restaurer le règne de l’Olympe, avec toi à sa tête. Comme si rien ne s’était passé. »

« Des choses terribles ont eu lieu », rétorqua Héra. « Nous en avons tous été victimes. Je ne compte pas ravir ta gloire, elle ne m’importe guère. Je suis venue en ces lieux car quelque chose se prépare. Un mal incommensurable qui n’aura que faire de nos querelles. Or si nous ne sommes pas unis pour lui faire face, il n’y aura plus rien sur quoi régner. »

Nulle répartie mordante ne s’échappa des lèvres de Bellone, pas plus que des menaces ou des provocations. Héra avait les yeux rivés dans les siens.

« Ainsi tu en as perçu les signes toi aussi, n’est-ce pas ? » déduisit Héra. « La terre éventrée, les mortels et leurs cités précipités dans les ténèbres. Tes disciples ont souffert, comme tous les autres. Tu ne pourras plus guerroyer lorsque le dernier d’entre eux périra et que ton bras n’aura plus assez de force pour seulement soulever ton épée. »

« Et que comptes-tu faire alors, ô vénérée reine ? »

Héra se détendit insensiblement. Elle évoqua les prédictions d’Odin, l’existence d’un pouvoir immense, capable d’enrayer le mal à venir. Bellone l’écoutait, son regard se posant parfois sur Thor, qui se tenait impassiblement aux côtés de Héra.

« Voilà pourquoi je te demande, conclut Héra, si tu as connaissance de ce que nous recherchons. Nous aideras-tu à le trouver ? »

Autour d’elles retentissait toujours le vacarme des combats divins, qui ne s’étaient pas interrompus. Héra, au comble de l’exaspération, agrippa son sceptre.

« Argos ! »

Héra ouvrit un portail sous les pieds du colosse, et un autre au-dessus de l’arène. Les divinités s’interrompirent alors pour contempler Argos qui, sorti du second portail, était en chute libre.

Il atterrit avec fracas. Une onde de choc se propagea dans l’arène, projetant les dieux les plus proches et recouvrant les autres de sable brûlant. La poussière retomba. Au fond du cratère formé par sa chute, Argos se redressa.

« Silence ! » tonna Héra. Sa voix portait dans toute l’arène. Les combattants se remettaient sur pied sans toutefois reprendre leurs affrontements. Ils scrutaient la reine des dieux. Aucun ne pipait mot. Le silence fut rompu par le rire de Bellone.

« Il sert donc à autre chose qu’à grogner », releva-t-elle.

« Quelle est donc ta réponse ? » la pressa Héra.

Bellone cessa d’être hilare. « La création se transforme constamment, et revêt toutes les formes possibles. Seule une chose est immuable : qu’importent le lieu, le peuple, le contexte, il y a toujours une guerre. Il y en avait une avant le Ragnarök. Et pour y mettre fin, j’ai justement guerroyé. Or, à présent qu’une nouvelle se profile, tu voudrais me faire croire qu’elle est différente ? Non. »

Bellone fit volte-face et se dirigea vers son épée. « Je ne peux pas t’aider. Je suis la déesse de la guerre. » Elle arracha son épée de son écrin de sable. « Si quoi que ce soit me défie, je combats. »

« Je propose d’empêcher le mal de survenir », la rectifia Héra. « De délivrer la création d’un danger qui dépasse l’entendement. »

Bellone se figea. Par-dessus son épaule, elle jeta un regard à Héra. « Pas très divertissant. »

Héra était abasourdie. Elle cherchait les bons mots sans en trouver aucun. Elle ne parvenait pas à concevoir que la déesse de la guerre, pleinement consciente de la calamité qui allait s’abattre sur ses disciples, choisissait de ne pas agir.

Combien d’autres dieux allaient réagir comme Bellone, songeait-elle. Combien de panthéons étaient trop rongés par les rivalités ou par l’ambition pour voir ce qui se profilait, et pour s’y opposer ? S’étaient-ils résignés au destin qui était apparu à Odin ?

« Ma reine. »

Héra interrompit sa réflexion. Au milieu de la clameur de l’arène, elle avait oublié la présence de Râ à ses côtés.

« Je t’ai écoutée attentivement », annonça Râ. Son bec esquissa un sourire, dans la limite du possible. « Nos visions concordent. »

« Nous aideras-tu alors ? »

« J’ai contribué à la dégradation de ces lieux », confia Râ. « Je te suis donc redevable. De plus, comme tu l’as expliqué, cette menace transcende les panthéons. Si tu dis vrai, alors je ferai tout mon possible pour te venir en aide. »

« L’œil… » souffla Héra, soudain sujette à une révélation. « Tu peux trouver l’objet de nos recherches grâce à cet œil. »

« C’est exact », se contenta de répondre l’Égyptien. L’œil doré qui constituait la pointe de son bâton émettait un rayonnement solaire. « Je vois par-delà la création ; jusqu’en des lieux dissimulés, des royaumes drapés de brume que nul n’a jamais traversés. S’il existe une arme pour lutter contre ce qui ravage notre monde, alors je peux nous y mener. »

Soudain, un bruit assourdissant déstabilisa Héra ; le sable sous ses pieds s’était mis à trembler. La cascade frémissait également. Sur le flanc de montagne, des rochers se détachaient et roulaient jusqu’au sol. L’arène vacillait, chancelait, mais tint bon. Après tout, elle flottait haut au-dessus de la terre.

En contrebas, toutefois, la situation était différente.

La grande mer était désormais un chaudron secoué par de gigantesques vagues qui s’entrechoquaient. D’immenses murs aquatiques s’élevaient au-dessus du continent avant de s’y écraser. Héra vit la terre s’ouvrir et de la roche en fusion jaillir depuis ces fissures, puis pleuvoir en une tempête infernale.

L’apocalypse imminente était de plus en plus tangible. Elle approchait à grands pas.

« Le temps nous manque », prévint Héra en s’adressant à ses compagnons. « Partons. Râ, montre-nous le chemin. »

« À bientôt, ma chère ! » Thor avait ainsi salué Pélé, qui en réponse expectora un crachat grésillant. Ils suivirent Râ dans l’arène puis le long des tunnels qui en sillonnaient le sous-sol.

Ces couloirs-là n’étaient nullement décorés. Creusés à même la pierre brute, ils menaient à des réserves et des impasses. Râ fit une pause à l’une d’entre elles. Son bâton rayonnait dans l’obscurité.

« Que faisons-nous au juste ? » s’enquit Thor. « S’il nous faut trouver cette arme, pourquoi errer ainsi dans les ténèbres ? »

« Car il existe des passages qui traversent et relient les royaumes que nous arpentons, dieu du tonnerre », répondit Râ. « Or, ici, nous pouvons emprunter l’un d’entre eux. Ma reine, je vais avoir besoin de votre aide. »

Héra s’avança et brandit son sceptre. Râ fit de même avec son bâton. Elle se focalisa, sans savoir exactement quel était l’objet de sa concentration. Râ se mit à luire, alors Héra dirigea son pouvoir sur lui.

Dans un frémissement, un portail s’ouvrit devant eux. Il semblait être issu du soleil lui-même. Ses bordures étaient instables ; il se rétractait puis s’élargissait comme une pupille. Finalement, il se stabilisa. Il était juste assez large pour faire passer Argos.

« Je vais traverser », annonça Râ. « Une fois de l’autre côté, je m’assurerai qu’il reste ouvert. »

Le dieu du soleil franchit le portail. Thor le suivit, non sans consulter Héra qui lui adressa un signe de tête approbateur.

Argos restait aux côtés de la déesse tel un loyal compagnon, réticent à quitter son maître.

« Va », lui ordonna Héra, et Argos disparut d’un pas gauche dans le portail.

Héra fixa le disque d’énergie qui tourbillonnait devant elle. Elle ignorait où il la mènerait, et ce qui l’attendait de l’autre côté. Elle savait seulement qu’elle s’apprêtait à marcher vers l’inconnu.

Quelle que soit la destination.


ARTICLES / RÉCOMPENSES

Voici les articles achetables sortis pour ce sixième chapitre de l’Odyssée d’Héra :

HACHIMAN
« Cyber Samouraï »
FENRIR
« Dragon Brutal »

 

RÃVANA
« Poing de l’Ombre »
Timbre de Saut
« POING DE l’OMBRE »

Qui dit nouveaux articles dit nouveaux paliers de récompenses ! Voici donc 3 nouvelles récompenses :

95 & 100 Points Odyssée

Coffre Bonus Odyssée d’Héra

105 Points Odyssée

NOX – Prêtresse Draconique (Dragon Priestess)


Alors, que pensez-vous de ce sixième chapitre et des nouveaux articles qui sortent ce patch 5.22 ?

Vous pouvez retrouver de plus amples informations sur les Notes du Patch 5.22 et sur l’article réservé à l’Odyssée d’Héra !

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