Home // Blog // Odyssée d’Héra – Histoire – Chapitre 4

L’Odyssée, c’est avant tout l’histoire d’un voyage à travers le monde ! Découvrez le quatrième chapitre de cette édition spéciale Héra !

Pour rappel, durant cette Odyssée, Héra voyage à travers les différents panthéons afin d’unir un maximum de dieux pour faire face à une nouvelle menace ! Toute cette histoire se déroule après les ravages du Ragnarök causées lors de l’événement « Insurrection Divine ».


CHAPITRE 4

Flanquée de Thor et d’Argos, Héra se rendit jusqu’aux portes du Valhalla.

Le somptueux palais d’Ásgard, d’où Odin avait régné sur tant de royaumes, était dorénavant vide et détruit. Jadis, les statues de champions élevées par les Ases bordaient ses allées. Elles gisaient désormais au sol en mille morceaux, leur visage immaculé silencieusement fixé sur le ciel qui restait insensible à leur malheur. Thor marquait un arrêt devant chacune d’elles. Il se mettait alors à genoux et leur murmurait des promesses de vengeance. Du feu jaillissait des carcasses des bâtiments ; les flammes projetaient l’ombre allongée de Héra et de ses compagnons contre les murs du palais.

Il n’y avait aucun garde posté à l’entrée du palais, personne pour leur barrer la route. Suite aux affrontements sanglants pour s’emparer du trône, puis au combat contre Thor et Héra, l’armée de Hel s’était volatilisée. La plupart de ses guerriers reposaient à terre, morts. Les autres, incarnés dans une nouvelle enveloppe corporelle, avaient pris leur envol dans l’air nocturne. Les immenses portes gravées des runes d’or et de fer étaient grandes ouvertes. Le trio s’en approcha prudemment, ne distinguant au travers que les ténèbres.

« Soyez sur vos gardes », conseilla Thor qui s’arrêta sur le seuil. « Cela ne me plaît pas. Tout cela ressemble à Loki ou à sa progéniture, ce qui n’est guère mieux. »

Héra s’immobilisa à la mention de ce nom. Elle n’avait plus perçu aucune trace du dieu fripon après l’avoir suivi dans ce monde. Loki avait-il vraiment franchi le portail, ou bien s’était-il agi d’un nouvel artifice ? Les avait-il menés droit dans un piège ?

Argos grogna d’une voix rauque. Ses poings se fermaient puis se rouvraient dans un bruit de pierres entrechoquées. Alors qu’il scrutait les environs, ses visages tournaient inlassablement, et les deux volontés distinctes qui l’animaient tiraient son corps dans une direction opposée. Héra tendit le main et posa ses doigts sur le bras du géant. Argos s’apaisa et se concentra à nouveau.

Sur un signe de tête de Héra, Thor franchit le seuil des gigantesques portes pour entrer au Valhalla.

Les salles du palais étaient à l’image de la dévastation qui s’était abattue sur Ásgard, à l’extérieur. Des débris jonchaient le sol ; heaumes, armes et membres humains étaient parfois visibles au milieu des monticules. La seule lumière venait des quelques feux qui crépitaient encore, sans parvenir à réchauffer l’atmosphère froide à glacer les os. D’immenses fissures parallèles couraient sur les murs par groupe de quatre. Les griffes monstrueuses qui avaient laissé ces marques ne pouvaient appartenir qu’à une seule créature.

Thor brandit Mjöllnir et généra une chaîne d’éclairs depuis la tête du marteau, afin d’éclairer le chemin. Ce fut donc à l’intérieur de cette sphère de lumière qu’ils continuèrent leur route parmi les halls, en observant les dégâts irréparables qui leur avaient été infligés. Partout où portait leur regard, des œuvres d’art inestimables avaient été dégradées. Toutes les représentations d’Odin, de Thor et des autres souverains d’Ásgard étaient entièrement détruites ou recouvertes de suie noire.

Au bout de l’allée qu’ils parcouraient brillait une lumière ténue. Thor s’immobilisa ; une ombre immense s’était brièvement déployée contre le mur avant de disparaître. La silhouette quadrupède était voûtée. Héra raffermit son emprise sur son sceptre tandis qu’Argos gronda et entrechoqua ses poings.

Le groupe se remit en marche, emboîtant le pas à Thor pour qui il s’agissait d’un chemin familier, bien que les circonstances fussent exceptionnelles. « C’est un véritable cauchemar », murmura le dieu du tonnerre en contemplant sa demeure devenue tombeau. « Un reflet déformé de ce que devrait être mon foyer. »

« Il retrouvera son aspect originel », le rassura Héra en se rapprochant. « Les murs et les statues se reconstruisent ; l’espoir et la justice se restaurent. »

« Et ceux qui ont perdu la vie », renchérit Thor d’une voix froide et grave, « seront vengés. » Il croisa le regard de Héra. « Voici ma conception de la justice, ma reine. Et je la rendrai – au nom du Père de tous, et de ceux qui reposent pour l’éternité sur le sol d’Ásgard. »

La grande salle du Valhalla était un long couloir de pierre et de parquet aux gravures délicates. De larges coupes évasées étaient disposées le long du passage central, à intervalles réguliers. Elles étaient remplies d’huile qu’on avait éteinte pour permettre à l’obscurité de régner. Héra continua de parcourir le tapis de fourrure qui menait à l’estrade où Hlidskjálf, le légendaire trône d’Ásgard, occupait la place d’honneur.

Héra sentait la rage monter en Thor alors qu’il constatait l’état de la salle du trône. Non seulement les reliques et les trésors qu’avait accumulés le Père de toute chose au fil des millénaires avaient été mutilés, mais de surcroît, son trône était usurpé, et occupé par le seul responsable du Ragnarök.

Héra ne discernait que partiellement la silhouette qui siégeait sur Hlidskjálf, à cause des ténèbres qui assombrissaient la pièce. Un imposant bûcher brûlait à la droite du trône, et illuminait un visage sévère mais délicat dont la splendeur transcendait celle des divinités. Héra chancela brièvement à la vue de l’individu mais Thor, lui, ne s’arrêta pas, et finit par atteindre la première marche de l’estrade.

« Bienvenue, mon oncle. » La silhouette assise sur le trône avait déversé ces mots mielleux en fixant Thor. On imaginait sans peine sa voix capable de faire chavirer cœurs et raisons. « Je vois que tu n’es pas seul. Bienvenue à Ásgard, voyageurs. »

« Sois maudite ! » Thor brandit Mjöllnir dans sa direction. « Comment oses-tu t’installer sur le trône de mon père, après ce que tu lui as infligé ?

« Est-il en vie ? » Son ton était doux et teinté d’une innocence enfantine. Elle se pencha en avant. La moitié droite de son visage était illuminée par les flammes, la gauche était dans l’ombre. « Je n’étais pas certaine de pouvoir ressentir sa mort. »

« Odin a survécu », lança Thor avec rage. « Il a vu sa mort dans les fils du destin, usurpatrice. Il ne mourra pas ce jour, ni par ta main. »

« Ah… Notre Père de tout », réagit-elle avec un léger sourire. « Il aime tant ses prophéties. L’as-tu trouvé accroupi dans un coin, occupé à manipuler des entrailles de chèvre afin d’y lire l’avenir ? »

« Surveille ton langage, Hel », rugit Thor. « Ou bien… »

« Sinon quoi ? » What?” La voix de Hel perdit toute chaleur. Son sourire découvrit ses dents ; on eût dit une prédatrice montrant les crocs. « Que feras-tu donc ? Ah… Les affres du fils préféré, de l’héritier, du tout-puissant seigneur Thor, le dieu du tonnerre. Nul besoin de le cacher, mon oncle. L’unique cause de ta rage, c’est de ne pas occuper toi-même ce trône. »

« Le trône d’Ásgard ne t’est pas destiné », intervint Héra en s’avançant sur l’estrade. « Tu as libéré la mort et la désolation sur le monde, et il te sera fait justice, Hel. »

« Tu ferais mieux de quitter Ásgard, Grecque », rétorqua Hel tout en gardant les yeux rivés sur Thor. « Tout cela ne concerne que notre panthéon. »

« Au contraire, les enjeux l’ont dépassé. » Héra fit un pas en avant. « Lorsque tu as déclenché le Ragnarök, tu as plongé la création entière dans les ténèbres. »

Alors, pour la première fois, Hel posa les yeux sur Héra. Ses yeux étincelaient, même celui qui était plongé dans l’obscurité. « Et t’es-tu jamais demandé, ô reine des dieux, s’il ne s’agissait pas là d’un mal nécessaire ? »

À cet instant, Héra prit conscience qu’un grondement sourd provenait de la zone obscure derrière Hel. Argos grogna et commença à gravir l’estrade d’un pas lourd, mais Héra lui somma de s’arrêter d’un signe de main.

« Cela vous ressemble bien, de vous raccrocher coûte que coûte à la lumière », continuait Hel. « Vous seriez capables d’y noyer vos serviteurs et vos fidèles, et de la laisser vous aveugler. Tel fut le cas de mon grand-père. Il choisit de devenir le maître de certains, et tant pis pour les autres : il les jeta dans l’ombre, enchaînés et oubliés. Y compris les morts.

« Il réserva le Valhalla, évidemment, à tous ceux qui périrent glorieusement. Pour les guerriers, les rois vaillants et les grands champions ; ceux qui, lorsqu’ils tombent enfin, s’écroulent au sommet d’un monticule d’ennemis terrassés. À moi, toutefois, il confia les autres âmes. J’étais la reine du royaume des souffreteux et des infirmes, des vieillards et des boiteux. Le royaume des impuissants. »

Hel se rassit, laissant reposer sa tête contre le cuir ouvragé qui recouvrait Hlidskjálf. « Pourtant, j’appréciais cette condition, tout en exécrant cet état de fait. Je détestais être semblable aux morts sur qui je régnais. J’étais impuissante, Héra. Car ce à quoi Odin m’a destinée, c’est une prison. C’est aussi ce qui attendait mon frère. »

Le grondement qu’avait perçu Héra s’amplifia, puis une forme sombre se détacha de l’ombre. D’immenses griffes raclèrent le sol de pierre alors qu’un loup gris émergeait à la lumière, plus énorme et plus puissant que toute créature engendrée par la nature. Les yeux de la bête flamboyaient dans l’obscurité. Ils se posèrent avec animosité sur Héra, Thor et Argos. Ses lèvres noires se retroussaient lentement, révélant ses crocs, tandis qu’un grognement montait depuis sa gorge.

Hel fit claquer sa langue contre son palais, et l’animal la rejoignit à pas feutrés. Même installé sur son postérieur tel un chien de garde, il restait gigantesque par rapport à Hel et au trône d’Odin.

« Fenrir », dit Hel en levant une main vers la bête, qui baissa légèrement la tête sans toutefois détacher ses yeux maléfiques des intrus. Délicatement, Hel repoussa la fourrure qui recouvrait la gorge du loup prodigieux, afin de révéler une ligne de chair dépourvue de poils et scarifiée. « Ses chaînes à lui étaient bien trop réelles. »

« Odin avait matière à te bannir, rétorqua Thor, et tes propres actes lui ont donné raison par la suite. Tu as répandu ton poison depuis les Enfers ; tu en as contaminé ce monde. Ce faisant, tu t’es servi de Hadès et même de ton propre père. »

Hel s’esclaffa doucement. « Mon père aime manipuler sans toutefois se préoccuper des sentiments de ses pions. Quant à Hadès, ce pauvre fou égaré n’a pas été difficile à convaincre. Les plus faciles à manœuvrer sont toujours ceux qui se languissent de devenir le héros salvateur. »

« Soit, on t’a blessée », concéda Héra. « Mais cela te donnerait le droit de justifier toutes ces atrocités ? Tu voudrais que le monde accepte de sombrer dans les ténèbres, comme si tu étais la seule à avoir souffert ? »

« Il ne s’agit pas de rancune », riposta Hel. « Vous tenez décidément toujours le même discours, arrogants moralisateurs que vous êtes. Toujours, c’est la lumière qui lutte pour rétablir l’ordre, sans pourtant connaître le sens même de ce mot, ni sans jamais remettre en question sa légitimité. Pourtant l’ordre – l’ordre véritable – c’est l’équilibre, Héra. La coexistence entre l’ombre et la lumière. Or cela fait si longtemps que la lumière règne en despote. »

Fenrir contracta ses pattes, creusant des sillons dans le sol de pierre avec un crissement strident. Hel regarda son frère et flatta son flanc affectueusement, puis reporta son attention sur Thor et Héra.

« Mon frère s’irrite de ces chamailleries… Tout comme moi, je dois l’avouer. Peut-être pourrions-nous cesser de prétendre que tu es ici pour discuter, très cher oncle ? Venons-en aux faits. »

« Quel instant exceptionnel », railla Thor en adoptant une posture de combat. Des éclairs frissonnèrent tout autour de Mjöllnir. « Pour une fois, nous sommes d’accord. »

Le temps pour Héra de cligner des yeux, et déjà Fenrir avait surgi dans leurs rangs. Le gigantesque loup avait fondu sur eux et repoussé Argos. Il se jeta sur Héra. Elle fit un pas en arrière, et le champ protecteur qui l’entourait scintilla lorsque les griffes de Fenrir le heurtèrent.

Thor fonça sur Fenrir par derrière et fit décrire à Mjöllnir un coup vertical fulgurant dans un crépitement flou. Mais le loup n’était déjà plus là. Le marteau de Thor s’abattit au sol en y générant un cratère. Le dieu fit volte-face et leva son arme juste à temps pour bloquer les mâchoires de Fenrir qui claquèrent sur lui.

Les deux divinités étaient aux prises, luttant de toutes leurs forces. La salive de Fenrir maculait le visage de Thor ; le loup rugissait de douleur au contact des éclairs qui lui brûlaient les chairs. Il tenta d’arracher Mjöllnir des mains de Thor. Alors que Thor sentait son emprise faiblir, un immense poing de pierre s’abattit sur le crâne de Fenrir, qui dut lâcher prise.

Le loup dérapa puis riva ses griffes au sol pour s’immobiliser. Il secoua sa crinière. Tandis qu’un grognement sourd montait de sa gorge, Argos chargea.

Fenrir plongea sous le poing qui fendit l’air et contourna Argos tout en lui griffant le flanc. Il bondit alors sur le dos du géant et referma ses crocs sur l’armure de bronze et de marbre qui recouvrait l’épaule d’Argos, l’entaillant profondément.

Une lueur pourpre s’était mise à transparaître sous la peau du loup, dessinant des signes que Héra identifia comme étant des runes dans une langue asgardienne ancestrale. Durs comme le fer, de longs muscles gonflés saillirent sur tout le corps de Fenrir, amplifiant encore davantage sa carrure surnaturelle. Crac – un bruit de rupture retentit dans la salle du trône ; la plaque recouvrant l’épaule d’Argos avait cédé sous les mâchoires du loup.

Véritable comète, Mjöllnir s’abattit sur Fenrir et le propulsa loin d’Argos. Le marteau poursuivit sa route, sifflant en perçant les airs, puis Thor reparut devant lui. Mjöllnir réintégra l’emprise de son maître qui, dans un hurlement rageur, continua son assaut.

Pendant ce temps, Héra décrivait des cercles avec l’extrémité de son sceptre, puisant et agrégeant la puissance du monde. Sa nuque se hérissait ; le pouvoir déferlait le long du sceptre en formant des chaînes pourpres et or. Puis elle le projeta vers Fenrir.

Une sphère d’énergie enveloppa ce-dernier, dont le hurlement fit trembler les murs de la pièce. L’air se chargea d’exhalaisons de fourrure cramée. L’attaque de Héra avait violemment secoué le loup. Il ne se rendit même pas compte que Thor abattait Mjöllnir contre son buste. L’animal fut projeté au pied du trône. Il y gisait à peine conscient, des volutes de fumée s’échappant de son corps.

« Bien. » Thor cracha par terre et pointa son marteau vers Hel. « Maintenant, à toi d’expier tes péchés, usurpatrice. »

Du haut de Hlidskjálf, Hel se redressa puis dévala l’escalier jusqu’à atteindre Fenrir. L’obscurité la suivit. Elle était comme attachée à la moitié de son corps restée dans l’ombre. Ce fut alors que Héra comprit que ces ténèbres n’avaient rien de naturel. Hel en était la source.

Des filaments obscurs émanaient d’elles. Ils s’écoulaient de sa silhouette comme de l’encre se diluant dans l’eau. Hel s’arrêta devant Fenrir. Alors qu’elle observait ses blessures, sa moitié angélique évoquait une douce tristesse.

« Mon frère », murmura-t-elle en laissant reposer sa tête contre celle du loup. « Tu as déjà tant fait pour moi, pourtant il me faut t’en demander encore davantage avant que nous ne puissions nous reposer. »

Hel posa alors sa main sur Fenrir et ses doigts émirent un rayonnement. Des rayons de lumière se répandirent alors sur le loup, soignant ses blessures et regarnissant son manteau de fourrure brillante. Innervé de force vitale, il bondit sur ses pieds et couva Héra, Thor et Argos de son regard malfaisant.

« Cette petite compétition a été distrayante, mais j’ai du travail », déclara Hel. « Très cher frère, voudrais-tu bien raccompagner nos invités ? »

Fenrir, après avoir rempli ses poumons, émit un rugissement qui fit trembler le Valhalla jusque dans ses fondations. Sous son épiderme, les runes flamboyaient. La créature s’était mise à grossir. Elle avait doublé, bientôt triplé de volume. Ses griffes étaient désormais longues comme des épées, et ses crocs avaient la taille de Héra. Le géant qu’était devenu Fenrir tenait à peine dans la salle du trône.

Argos se précipita sur lui. Renforcé par la magie de Hel, le loup se saisit d’un pilier qu’il arracha afin de s’en servir de massue. Argos reçut le coup de plein fouet et partit s’écraser contre le mur du fond de la pièce.

Thor se jeta dans les airs, Mjöllnir levé au-dessus de sa tête. Fenrir, à la vue du dieu du tonnerre fusant vers sa gueule ouverte, tenta de refermer ses crocs sur lui. Fenrir’s fangs snapped down to devour him. Thor, mugissant, luttait de toutes ses forces contre la puissance des mâchoires.

Bien consciente de sa détresse, Héra propulsa des sphères d’énergie sur Hel. Cette dernière redirigea sa lumière protectrice, jusqu’alors autour de Fenrir, vers elle-même. Après quoi, elle libéra sa puissance obscure contre la Reine des dieux.

Héra serra les dents lorsque les éclats d’énergie ténébreuse s’écrasèrent contre elle. En dépit de la barrière magique, ils étaient aussi violents que des coups de marteau. Mais elle savait que chacun de ces chocs encaissés serait autrement venu en aide au loup monstrueux. Au travers du flot d’énergies contraires, elle entrevoyait le dieu du tonnerre parcouru d’éclairs. Finalement, les dents de Fenrir se refermèrent sur lui…

Mais elles se brisèrent.

Le loup chancela, hurlant de douleur. Ses crocs brisés tombaient en fragments. Thor se dégagea de l’emprise des mâchoires et fit pleuvoir les coups de Mjöllnir. À chaque frappe, Fenrir rétrécissait et l’éclat de ses runes ternissait. Il finit par retrouver sa taille normale. Un ultime coup, qui l’atteignit en plein crâne, le projeta à terre. Il ne bougeait plus.

Hel laissa échapper un cri perçant et interrompit son assaut contre Héra. La reine s’affaissa et sa barrière disparut dans un claquement sourd. À bout de souffle, recouvert de la salive poisseuse de Fenrir, le dieu du tonnerre se tourna vers Hel. Pleine de défi, elle surplombait la forme inerte de son frère. Elle se rua sur Thor. De rage, elle le submergeait d’un nuage de coups, mais la fureur de son oncle semblait encore supérieure.

Héra resta en retrait, laissant combattre Thor. Il revenait à Ásgard de rendre sa justice.

« Tu ne peux rien arrêter », gronda Hel en fixant Thor, qui l’avait saisie d’un œil mauvais. « Tu peux toujours te battre, mais l’équilibre sera rétabli entre l’ombre et la… »

Thor tira brusquement Hel vers lui et abattit son crâne sur le sien. Sans un bruit, elle s’écroula sur Fenrir, au pied de Hlidskjálf.

« Que faire d’eux ? » s’enquit Héra.

Sourcils froncés, Thor considérait les deux corps inconscients de ses proches parents. Ils avaient causé tant de dévastation. « Leur destin est entre les mains du Père de tous. » À nouveau, il cracha par terre. « À lui de décider de leur sentence, lorsqu’il remontera sur le trône. »

Argos posa un genou à terre devant Héra, s’appuyant sur son poing fermé pour garder l’équilibre. Héra considéra son géant. En voyant ses terribles blessures, elle eut le souffle coupé. Son corps était recouvert de griffures et de fissures si nombreuses qu’elles formaient comme des toiles d’araignées entremêlées. Le déferlement de magie de Hel avait rendu des pans entiers de son corps malléables comme de la roche en fusion.

Une seule de ces blessures aurait suffi à tuer un mortel, ou à estropier une divinité. Héra avait engendré un champion capable de résister à de tels ravages, toutefois les deux esprits qui cohabitaient dans l’enveloppe corporelle ressentaient pleinement la douleur. Aussi Héra percevait la souffrance d’Argos telle une brume de chaleur.

Sceptre levé, Héra ferma les paupières et reforma Argos. Elle utilisa ses pouvoirs pour ressouder son corps et panser ses plaies, jusqu’à ce qu’il retrouve la majesté et la puissance du jour de sa création. Cette réparation n’était pas indolore, mais Argos endura vaillamment, ne laissant que rarement échapper un faible râle.

Le procédé était presque terminé quand Héra perçut une présence derrière elle. Son intuition lui permit de sentir venir le coup de couteau avec presque autant de vivacité que s’il s’était logé entre ses omoplates. Le traître cornu partit d’un rire sardonique alors qu’il se jeta sur elle.

Héra fit volte-face et brandit son sceptre. Elle formula une incantation et Loki disparut dans un nuage de fumée. Le bruit sourd d’un corps tombé à terre en parvint… accompagné d’un bêlement furieux.

Le nuage s’éclaircit en laissant apparaître, en lieu et place de Loki, une chèvre au poil gris et hirsute.

« Sacré tour », parvint à s’esclaffer Thor malgré son épuisement. Il s’accroupit près de la créature. « Tu devrais la remercier, frérot. C’est une belle amélioration. »

« Je l’avais prévenu », conclut Héra, sourire aux lèvres, avant de faire signe à son champion. « Argos, peux-tu t’en charger ? »

L’intéressé grogna et se rendit gauchement jusqu’à Loki, qu’il souleva d’un poing massif. Le farceur métamorphosé se débattait dans la main du géant. Argos ne s’en préoccupait guère. De son pas écrasant, il se dirigea vers une brèche qui déchirait désormais le mur de la salle du trône. Béante, elle donnait directement sur Ásgard, recouvert d’un ciel nocturne.

Il s’immobilisa. Toujours insensible aux gesticulations de Loki, il interrogea Héra du regard. Cette dernière lui adressa un signe de tête. Alors, sans hésiter, il précipita la créature par l’ouverture. Les braillements de Loki retentirent dans la grande salle, mais devinrent vite inaudibles alors qu’il chutait dans la nuit.

Thor contempla le ciel nocturne un moment, puis rejoignit Héra.

« Tu as honoré ta part du marché, ma reine. » Thor ramena Mjöllnir contre son buste et s’inclina légèrement. « Je ferai de même. Mon chemin suivra donc le tien. Qu’importent tes adversaires, tu pourras compter sur le soutien du dieu du tonnerre. »

Héra ébaucha un sourire, mais son intuition l’interpela de nouveau. Il y avait une présence dans la salle, mais elle défiait les sens de la déesse.

« Qu’y a-t-il ? » demanda Thor.

Héra regarda Hlidskjálf et eut la vision fugitive d’une silhouette surplombée d’un casque à cornes, vautrée en travers du trône, pieds posés sur un de ses bras. Elle arborait un rictus froid et sournois.

« Lâche », siffla Héra à mi-voix.

Thor fronça les sourcils. « Que dis-tu ? »

Héra envisagea de mettre un terme à ces supercheries une fois pour toutes. Néanmoins, elle sut résister à la tentation. Elle avait obtenu la victoire qu’elle était venue chercher à Ásgard, et désormais d’autres urgences devait être traitées.

« Cela attendra », répondit-elle en tournant le dos au trône et en sortant de la grande salle. « À présent que cette affaire est réglée, il nous faut rallier nos forces, car des combats nous attendent. Suis-moi. Il y a un lieu que je veux te montrer. »


ARTICLES / RÉCOMPENSES

Voici les articles achetables sortis pour ce troisième chapitre de l’Odyssée d’Héra :

ARTIO
« Chasseuse de Démons »
NEITH
« Éclaireuse du Clair de Lune »

 

Emote Globale
« PAON SURPRIS »
Sigle de Rappel
« COMPAGNON D’HÉRA »

 

Qui dit nouveaux articles dit nouveaux paliers de récompenses ! Voici donc 3 nouvelles récompenses :

60 & 65 Points Odyssée

Coffre Bonus Odyssée d’Héra

70 Points Odyssée

KUKULKAN – « Toutou Dragon »


Alors, que pensez-vous de ce quatrième chapitre et des nouveaux articles qui sortent ce patch 5.20 ?

Vous pouvez retrouver de plus amples informations sur les Notes du Patch 5.20 et sur l’article réservé à l’Odyssée d’Héra !

0 Comments SUR " Odyssée d’Héra – Histoire – Chap... "

Laisser un commentaire

masquer

Stream

Télécharger le jeu

YouTube

Slide thumbnail
Slide thumbnail
Slide thumbnail
Slide thumbnail
Slide thumbnail
Slide thumbnail
Slide thumbnail
Dernière Mise à Jour du slider : 20/06/2018

Twitch App

Image Ask.fm Smite France
Image Ask.fm Smite France
masquer
Copyright Smite France © 2013-2018
×