Home // Blog // Odyssée d’Héra – Histoire – Chapitre 2

L’Odyssée, c’est avant tout l’histoire d’un voyage à travers le monde ! Découvrez le second chapitre de cette édition spéciale Héra !

Pour rappel, durant cette Odyssée, Héra voyage à travers les différents panthéons afin d’unir un maximum de dieux pour faire face à une nouvelle menace ! Toute cette histoire se déroule après les ravages du Ragnarök causées lors de l’événement « Insurrection Divine ».


CHAPITRE 2

Le soleil commençait à décliner dans les cieux lorsque Héra arriva au pied de l’Olympe. Descendre de la montagne s’était avéré plus laborieux que prévu. Malgré ses années de méditation et son entraînement, elle arriva au palais fourbue de fatigue. La chaleur de la journée n’était pas encore dissipée. Héra ôta la capuche qui surplombait sa robe et passa une main sur son front.

Là, en bordure de la montagne, elle laissa passer un moment. Elle se retourna et contempla le palais à son sommet. Il avait été son foyer pendant si longtemps qu’elle ne se souvenait d’aucun autre. Elle repensa aux propos de ses suivants et de ses gardes du corps, à leur appréhension quand elle avait pris la décision de partir. Le monde extérieur au palais n’était que danger, chaos et traîtrise, et nul n’aurait pu prédire ce que Héra allait trouver une fois hors de l’Olympe.

Nul, à l’exception de Héra bien sûr. Elle savait ce qui l’attendait au-delà des murs du palais avec la plus totale certitude. Son royaume souffrant se lamentait et implorait son aide. Il devait être sauvé. Et elle allait s’en charger.

D’un pas, Héra quitta le mont Olympe. Un léger sourire éclaira ses traits alors qu’elle prenait une première inspiration dans un monde plus vaste, un monde de possibilités et d’espoir ravivé. Elle allait sauver la création ; rien ne l’en empêcherait. Où irait-elle en premier lieu ?

Où irait-elle en premier lieu ?

Au loin, elle distinguait une vallée au-dessus de laquelle planaient des ombres grisâtres. Elle se mit à arpenter les collines érodées qui reliaient l’Olympe à la vallée et à la cité blottie dans son ombre.

La méfiance l’envahit progressivement à mesure qu’elle se rapprochait de l’agglomération. Son regard scrutait l’horizon et les cieux qui le surplombaient. Elle percevait une terreur ambiante, non pas générée par la présence de quelque chose, mais par une absence. Ses détracteurs la critiquaient parfois avec excès, mais il fallait bien leur concéder au moins une vérité : la reine des dieux ne s’était que rarement aventurée à l’extérieur du splendide palais de l’Olympe pour marcher parmi les mortels, comme nombre de dieux avaient l’habitude de faire. Néanmoins, sa compréhension du monde instinctive lui suffisait pour savoir que la nature aurait dû être luxuriante, débordante de vie et de bruit.

Or elle était accueillie par un silence pesant, uniquement rompu par le bruit de ses pas. Aucun oiseau ne chantait, aucun berger ne guidait son troupeau sur le flanc des collines. Les routes étaient désertes, là où elles auraient dû être parcourues de caravanes allant et venant dans la métropole en contrebas, où des milliers d’âmes participaient à la grande danse de la vie, du commerce et de l’industrie.

Héra ne voyait rien de tout cela. La seule chose qu’elle avait trouvée au moment de franchir le portail de la cité, c’était une tombe.

Les heures passaient et Héra déambulait toujours parmi les ruines. Partout où la reine des dieux portait le regard, il était manifeste que la routine quotidienne avait été interrompue, figée, et était désormais comme capturée dans l’ambre. Des vêtements pendaient à des fils à linge, ondulant au gré du vent. Des charrettes et des étals, dans un état de destruction plus ou moins avancé, jonchaient les marchés, leur précieux contenu déversé au sol.

Héra s’arrêta devant les façades endommagées des grands temples et des autres monuments de culte de la cité. Ils n’étaient pas moins ravagés que le reste. Des statues à l’effigie de ses homologues divins gisaient au sol, en morceaux, entourées d’offrandes éparses.

Héra distinguait également des formes inertes. Regroupées sous des auvents déchirés, au gré des rues, elles restaient visibles sous les piles de débris. C’étaient des silhouettes fragiles, vidées de leur âme, devenue froides et silencieuses à l’image de la cité qui avait été leur foyer.

Héra s’agenouilla près de toutes celles qu’elle croisa afin de se recueillir. Alors, elle murmurait doucement à l’oreille de ceux qui avaient entrepris un périple qu’elle ne connaîtrait jamais. Elle leur souhaitait bonne route.

L’origine de cette calamité échappait à Héra. Autour d’elle, rien ne témoignait d’une bataille ; aucune arme ni bannière ne gisait au sol, comme cela aurait été le cas si une armée d’envahisseurs avait semé le chaos. Il n’y avait pas davantage trace d’une puissance divine qui aurait été libérée contre de potentiels transgresseurs. La vérité semblait, d’une certaine façon, se situer à mi-chemin. La terre elle-même paraissait avoir rejeté la cité, la réduisant en poussière de sa volonté propre, pourtant Héra savait que cela dépassait les capacités de la nature.

« Que s’est-il passé ici ? » s’enquit-elle en balayant délicatement la poussière qui recouvrait le visage d’une mère de famille, figée dans ses derniers instants alors qu’elle protégeait son enfant. « Qui vous a infligé cela ? »

« Ma foi, que la veuve de Zeus me pince », s’écria une voix au-dessus de Héra. « J’aurai tout vu. »

Héra pivota, se releva et scruta les toits défoncés qui la surplombaient. Elle ne tarda pas à repérer la silhouette isolée de l’orateur, adossé contre un mur au sommet d’une tour en ruine. Les rayons du soleil se reflétaient sur son armure cuivre et bleue. Héra répondit à son sourire en coin par un rictus méprisant.

« Loki », cracha-t-elle comme elle aurait proféré une malédiction.

Le dieu nordique se redressa et descendit des ruines en sautillant jusqu’à atterrir devant elle.

« Je vous salue, ma reine », articula le farceur en accompagnant ses paroles d’une révérence exagérée.

« Toi… » gronda-t-elle sur un ton accusateur. « Es-tu responsable de ceci ? »

Loki prit un instant pour contempler la dévastation alentour. « Possible… » Il haussa les épaules. « Je ne suis plus certain de rien, désormais. Je trempe dans tellement d’affaires, ces jours-ci, qu’il m’est devenu difficile de suivre. »

« Déguerpis, menteur », ordonna Héra en plissant les yeux. « Ou bien je te transforme en chèvre, et alors ton apparence reflètera ton âme. »

Cette menace fit ricaner Loki. « Dis-moi au moins ce que tu fais ici », il écarta les bras pour désigner la cité environnante. « C’est la moindre des choses. Qu’est-ce qui a pu ainsi pousser Héra, notre illustre reine, à descendre de l’Olympe pour nous gratifier, roturiers que nous sommes, de sa présence divine ? » Il s’empara d’un crâne qui gisait au sol, et en fit claquer les mâchoires telles une marionnette. « Il s’agit certainement de quelque chose de plus majestueux que les ossements de simples mortels. »

Héra se raidit et subtilisa le crâne des mains de Loki. « Assez », répliqua-t-elle d’une voix autoritaire. « Si je suis ici, c’est parce qu’il est temps de mettre un terme à la folie et la destruction causées par vos incessantes querelles. Les mortels ont beau être faibles, craintifs et éphémères, ils méritent mieux que d’être de simples jouets à la merci des panthéons. Le monde n’est pas un champ de bataille que vous pouvez dévaster à votre guise. Cela fait trop longtemps que j’observe. Désormais, je ne le tolérerai plus. Je suis ici pour accomplir ce qu’aucun de vous n’a été disposé ou capable de faire : rétablir l’ordre ici-bas. »

Loki fixa Héra avec des yeux pétillants, derrière les cornes de son casque. « Oh », laissa-t-il échapper en réprimant un rire. « Quelle franche indignation ! J’adore ! »

Héra serra les dents. Son humeur se dégradait. « Tais-toi donc, espèce de… »

« Très chère », l’interrompit Loki. « Allons donc. Cesse cette comédie. De tous les dieux, je suis bien celui qui sait reconnaître les opportunistes. » Il se rapprocha et se mit à tourner autour de Héra d’un pas nonchalant. La déesse serra les poings à son approche.

« Le monde vient de connaître un sacré traumatisme, tu sais », continua Loki. « Le Ragnarök ! La calamité ultime vient tout juste d’être évitée. Mais seulement de justesse, et à grands frais. »

« Et nul doute que tu as joué un rôle clé dans ce chaos », rétorqua Héra.

« C’était tellement drôle ! » Loki éclata d’un rire strident. « Mais à présent que la poussière retombe, les divinités comme les mortels reprennent leur souffle. Et c’est précisément le moment que tu choisis pour apparaître. Quel heureux hasard ! »

Le farceur s’arrêta derrière Héra, et se pencha à son oreille. « Plutôt pratique, murmura-t-il, de surgir alors que nous pansons nos plaies, et de s’emparer de la création. »

« Je ne suis pas une usurpatrice », se défendit Héra. « Je suis la reine des dieux. Le pouvoir me revient de droit. »

Loki s’éloigna d’elle et déambula dans les rues dévastées. « Dans ce cas, où étais-tu jusqu’à présent ? »

Héra ne répondit pas, mais se figea.

« Visiblement, pendant tout ce temps, tu observais les affrontements qui opposaient les créatures inférieures que nous sommes », la pressa Loki. « Tant de guerres, de morts, de destruction et de chaos… Pourquoi maintenant ? Qu’est-ce qui a changé ? »

Loki leva les yeux vers la masse gigantesque du mont Olympe qui s’élevait vers les nuages. « Ah, oui. J’imagine qu’il fallait que tu perdes un proche pour enfin te préoccuper des autres. C’est amusant comme certaines choses ne nous semblent intolérables qu’une fois qu’elles nous arrivent, n’est-ce pas ?

« Comment oses-tu évoquer sa mort à la légère ? »

« La question n’est pas là », rétorqua Loki. « Te voici, dans toute ta splendeur, prête à régner. Mais un souverain n’attend pas que son royaume soit réduit en cendres pour le protéger. »

« Je t’ordonne de te taire », siffla Héra.

« Les souverains doivent faire des choix difficiles », continua Loki. « Des choix violents. Ils doivent quantifier la valeur d’une vie, d’une cité, d’une civilisation entière, en un instant. » Il accompagna cette dernière partie d’un claquement de doigts. « Si cette cité s’était retournée contre toi, aurais-tu ordonné qu’on la brûle ? L’aurais-tu fait toi-même ? Sa Majesté s’est-elle jamais sali les mains ? Je ne suis pas certain que tu en aies le courage. »

« Dans ce cas, écarte-toi et regarde », rétorqua Héra avec un sourire glacial. « Nous verrons si tu plaisantes une fois que j’aurai, seule, sauvé la création. »

« Ah oui ? » réagit Loki. « Est-ce pour cela que tu ne te déplaces jamais sans tes gardes du corps ? » Parce que tu es capable de t’en occuper seule ? »

Héra fronça les sourcils. « Des mensonges, encore ! » Elle jeta un regard noir à Loki. Elle refusait de céder à ses provocations. « Je parcours ce chemin seule. »

Loki regarda derrière elle. « Non, je t’assure, tes amis sont là. » Il recula et leva les mains pour mimer une reddition. « De bien robustes gaillards, je dois dire. Et leur cape ne parvient pas à dissimuler leur armure. »

Héra finit alors par faire volte-face. Au bout de l’artère principale, elle distinguait deux silhouettes accroupies au niveau des portes de la cité. Les gardiens comprirent qu’elle les avait repérés, et se redressèrent.

« Helican », pesta Héra. « Pryzarius. »

« Comment ? » ricana Loki qui se retenait de jubiler. « Tu ignorais donc qu’ils te suivaient ? Comme c’est cocasse ! »

Héra regardait ses prétoriens approcher tandis que le rire de Loki lui sifflait aux oreilles. À chacun de leur pas, sa colère grandissait. Chaque transgression était tel un flambeau ardent. D’abord, ils avaient échoué à empêcher l’assassinat de Zeus. Ensuite, ils avaient remis en question les décisions de Héra. Et à présent, ils agissaient à l’encontre de sa volonté. Ils avaient ignoré un ordre direct en la suivant en secret, la traitant comme une enfant. Ce faisant, ils avaient sapé son autorité en jetant sur elle le doute, qui plus est devant le monde sur lequel elle comptait régner.

Sans un mot, ses gardiens s’agenouillèrent à ses pieds en inclinant leur tête casquée. Ils dégainèrent leur lame et en dirigèrent l’extrémité vers leur gorge dénudée, comme ils l’avaient fait dans la salle du trône. Héra fit alors appel à toute sa volonté pour ne pas exiger d’eux leur vie.

« Vous m’avez désobéi », asséna-t-elle d’une voix basse et glacée.

« Nous avons juré de vous protéger », répliqua Helican. Il leva la tête pour croiser son regard. Ses yeux emplis de dévotion l’imploraient. « Nous ne pouvions pas nous contenter de… »

« Me laisser agir seule ? » pensa Héra. « Vos projets ont-ils donc plus de valeur à vos yeux que les ordres de votre reine ? Comme si vous étiez plus sages que je ne le suis. »

Un craquement sec arracha Héra à ses pensées. Elle baissa les yeux et constata qu’elle avait broyé le crâne qu’elle tenait en main. Lentement, elle desserra le poing et laissa les fragments d’os tomber à terre.

« Pardonnez-nous », supplia Pryzarius. « Nous ne voulions pas vous manquer de respect, ma reine. Après ce qui s’est passé… notre échec… nous souhaitions seulement assurer votre sécurité. »

Héra leva la main pour l’exhorter au silence ; elle entendait à peine sa voix. Malgré le peu d’estime qu’elle portait à Loki, elle ne parvenait pas à empêcher ses mots de résonner dans sa tête.

… les souverains doivent faire des choix difficiles…

… jamais sali les mains ?

… pas certain que tu en aies le courage…

Héra prit une longue inspiration, puis chassa le dieu fripon de ses pensées. Le temps des doutes, des questions et des tergiversations était révolu. L’heure était à la décision et à l’action. Elle baissa les yeux sur Helican et Pryzarius.

« Désirez-vous encore me servir ? » demanda-t-elle.

« Oui, ma reine », répondit Pryzarius avec ardeur.

« Plus que tout au monde, ma dame », renchérit Helican en frappant sa poitrine du poing.

« Vous ne remettrez jamais plus en question mon autorité ? »

« Nous le jurons », dit Helican. « Ordonnez et nous obéirons inconditionnellement. »

Héra acquiesça lentement, imperceptiblement. Elle prit une nouvelle inspiration et se reconcentra. Elle ferma les yeux et tendit une main vers eux. « Dans ce cas, vous allez me servir. »

Des toiles mauves et argentées surgirent de ses doigts et filèrent vers Helican et Pryzarius, toujours accroupis. En un instant, ils furent submergés et cloués au sol par une tempête d’énergie. Les guerriers tressaillirent, leur épée tomba à terre tandis que chaque muscle de leur corps se raidissait.

Les filaments d’énergie fusaient au-dessus et entre les deux prétoriens, pour former une cage de lumière vivante. Partout dans la ville, les ombres s’intensifiaient à mesure que la lumière gagnait en éclat, jusqu’à ressembler à une étoile tombée des cieux. Elle estompait jusqu’au soleil, qui en comparaison n’était qu’une morne lanterne dans le ciel. Au cœur de cette luminescence qui brûlait la rétine, la silhouette des deux gardiens se brouillait, leur corps, leur bouclier et leur arme vacillaient et devenaient indistincts.

Héra libéra davantage de sa puissance, et la source lumineuse devint une sphère scintillante. Toute la cité fut alors immaculée. La sphère était animée de courants qui claquaient dans l’air en bourrasques, propulsant poussière et débris. Loki se détourna et se protégea de la lumière aveuglante. Héra, quant à elle, ne la quittait pas des yeux, battant des paupières pour chasser les larmes qui s’y accumulaient.

Helican et Pryzarius poussaient un hurlement unique et ininterrompu. C’était un son distordu et, par moments, incompréhensible. Le duo se mit à crier encore plus fort, plus fort que n’importe quel mortel aurait pu le faire, et leur ombre fusionna à l’image de leur voix.

Un bruit de tonnerre assourdissant retentit, et la lumière s’éteignit. Des débris jusqu’alors suspendus dans les airs s’abattirent au sol. Héra laissa échapper un soupir et s’immobilisa, épuisée par un tel déchaînement d’énergie. Les ombres et le silence réaffirmaient leur domination sur la cité en ruine, alors qu’un nouvel être prenait son premier souffle.

Autour de Héra, la fumée et la brume se dissipèrent et laissèrent apparaître une ombre gigantesque devant elle. Elle distinguait des membres épais comme des troncs d’arbre, et des poings semblables à des rochers. C’était une créature de puissance brute, indomptable, à laquelle Héra venait pour la toute première fois d’insuffler la vie.

« Qu’as-tu fait là ? » s’exclama Loki en bondissant en arrière, alors que la silhouette massive devenait visible.

Là où les protecteurs de Héra s’étaient auparavant tenus, il y avait désormais un géant à genoux. Il semblait formé de marbre, de bronze et de brutalité. Malgré sa posture, Héra et Loki devaient lever la tête pour croiser son regard. Juchée sur les épaules de la créature en guise de tête, tournait une roue ornée de quatre visages. Alors qu’ils ouvraient les yeux, chacun d’eux arborait la même expression d’incompréhension figée.

La créature s’ébranla, ses larges épaules pivotaient tandis qu’elle observait le monde alentour. Un souffle lourd s’échappa des quatre visages en rotation. Ils semblaient apprendre à respirer. Alors elle aperçut son reflet dans une mare d’eau saumâtre qui s’était formée dans un cratère. C’était un monstre qui la regardait.

Lentement, la créature leva ses poings gigantesques et les contempla, puis s’arcbouta et poussa un rugissement terrifiant vers le ciel.

« Alors », reprit Héra d’une voix basse et posée, mais chargée de menace. Son regard se posa sur Loki. « Allons-nous aussi avoir un problème, toi et moi ? »

« Un problème ? » Le visage de Loki avait perdu ses couleurs. Il leva les bras, sans sarcasme cette fois, tout en s’éloignant de Héra. « Qui a parlé d’un problème ? »

D’un geste empressé, le dieu fripon déchira l’air devant lui, et des étincelles bleues fusèrent. En un instant, Loki avait disparu au travers du portail grésillant qu’il venait de générer pour s’enfuir.

Héra le regarda partir sans chercher à l’en empêcher. Pour l’heure, elle n’avait pas de temps à consacrer à la lâcheté du dieu nordique. Au lieu de quoi, elle contempla le choix qu’elle venait de faire, les deux destins qu’elle venait d’altérer à jamais en transformant Helican et Pryzarius.

Le géant vacilla en tentant de se redresser. Il planta dans le sol un pied immense. Son corps tremblait alors qu’il poussait contre la terre pour se relever. Il perdit l’équilibre et s’écrasa au sol avec un grognement. Sur la roue qui surplombait ses épaules, les quatre visages s’escrimaient à prononcer des mots, mais seul un murmure de douleur incohérent s’en échappait.

Il regardait Héra comme l’aurait fait un enfant, un nouveau-né faisant ses premiers pas. Son géant, fusion de deux êtres, allait devoir tout réapprendre, à présent. Tout, sauf l’obéissance. Héra savait qu’elle n’aurait jamais plus à lui inculquer cela.

L’espace d’un instant, elle remit son acte en question. Avait-elle choisi de faire cela parce qu’elle le désirait, ou était-ce simplement pour faire taire Loki ? Son estomac était parcouru d’une vague glacée qui menaçait de se muer en regrets. Était-ce là ce qu’un souverain aurait fait ?

Ce que Zeus aurait fait ?

Héra réprima ces pensées qui s’entrechoquaient telles des chaînes sous son crâne, et s’arma d’une conviction nouvelle. Peu importait la façon dont d’autres auraient agi. Peu importaient les raisons ; c’était terminé. Elle accepterait son choix et irait de l’avant, vers son but, quoi qu’il advienne. Car c’était ainsi qu’agissaient les souverains.

Elle se détourna du géant titubant et observa le portail créé par Loki, qui restait béant. Une bourrasque de vent glacial s’en échappa, poussant un fin rideau de neige dans les ruines de la cité.

Héra saisit une poignée de flocons qu’elle regarda fondre dans la paume de sa main. Elle sentait l’air glacé de l’autre côté, mais aussi la pierre, le fer et la cendre. Elle savait bien où Loki s’était rendu : là où tous les lâches fuyaient lorsqu’ils passaient de prédateur à proie.

Il était rentré chez lui.

Héra accorda un dernier regard à la cité et à son peuple déchu. Alors, au plus profond de son être se forma la résolution de découvrir ce qui avait entraîné leur destruction, et de traîner les responsables en justice – sa justice. Son regard se reporta sur le portail, et les terres gelées qu’elle entrevoyait de l’autre côté. Elle avait certes décelé la peur, une peur véritable, dans les yeux de Loki, mais cela n’était pas à la hauteur de ses actes.

Non, il avait encore une dette à payer. Et Héra allait s’assurer qu’il le fasse.

« Suis-moi, Argos », ordonna-t-elle. « Nous avons fort à faire. »

Le géant se raidit, ses membres obéissant instantanément aux ordres de Héra, et il se mit debout. Il s’approcha d’elle d’un pas pesant, laborieux, et un lien invisible semblait les unir. Toujours en orbite, les yeux de chacun de ses visages étaient rivés sur elle, et jamais ne s’en détournaient.

Le soleil couchant étirait l’ombre de Héra, qui se tenait devant le portail. L’astre allait descendre dans la vallée jusqu’à laisser la nuit s’installer. Héra fit un pas en avant et disparut ; elle venait d’entrer dans un monde plus vaste.

Argos la suivit.


ARTICLES / RÉCOMPENSES

Voici les articles achetables sortis pour ce second chapitre de l’Odyssée d’Héra :

Tchernobog
« Oni »
Nu Wa
« Enchanteresse Mystique »

 

Némésis
« Revanche Hi-Tech »
Thème Musical
« Hip Hop Lo-Fi »

 

Qui dit nouveaux articles dit nouveaux paliers de récompenses ! Voici donc 3 nouvelles récompenses :

25 & 30 Points Odyssée

Coffre Bonus Odyssée d’Héra

35 Points Odyssée

Achille
« Las de la Guerre »


Alors, que pensez-vous de ce second chapitre et des nouveaux articles qui sortent ce patch 5.18 ?

Vous pouvez retrouver de plus amples informations sur les Notes du Patch 5.18 et sur l’article réservé à l’Odyssée d’Héra !

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Dernière Mise à Jour du slider : 20/06/2018

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